Inclusion. C’est quoi ce « gros mot » ?

Inclusion. Que dit le Petit Robert ?

Action d’inclure, ce qui est inclus comme une clause dans un contrat. En maths, c’est le rapport entre deux ensembles dont l’un est entièrement compris dans l’autre. C’est aussi, en biologie, un élément inclus dans un milieu de nature différente. En gemmologie, c’est une cavité dans laquelle vient se loger un corps de matières différentes.

Si je comprends bien l’opposition qu’on a voulu faire avec l’exclusion en introduisant cette notion d’inclusion dans le champ du handicap, ce terme, pourtant, m’interpelle. J’ai toujours le sentiment de quelque chose d’inexact, voire de dévalorisant, presque de déresponsabilisant, lorsque j’entends parler de l’inclusion des personnes handicapées dans notre société. Cela me fait l’effet d’un devoir que la société française a à mon égard en tant que personne handicapée, celui de m’accueillir tel que je suis, de m’accepter tel que je suis, de me faire une place.

Mais, moi, que je dois faire ? Si le droit à une citoyenneté pleine et entière est intangible, le devoir de participer à la société est, à mon sens, salutaire. Plus que d’exiger que l’on m’accepte, il m’importe de contribuer. Je prétends que, quelle que soit la diversité, elle est source de richesse pour l’environnement dans lequel on évolue.

Être différent, c’est penser autrement. Être différent, c’est développer une générosité dans la relation à l’autre pour qu’il vous accepte le cœur ouvert et non qu’il vous perçoive comme un fardeau. Être différent, c’est être en capacité de regarder hors cadre parce que, quoi que l’on fasse, la différence perdure.

Pour moi, aveugle, lorsque je sors dans la rue, chaque pas est un pas vers l’inconnu, nécessitant une adaptation de tous les instants. C’est un changement permanent, me conduisant, sans qu’il n’y paraisse, à une très forte adaptabilité quel que soit le domaine. Le handicap a donc induit, dans le cas présent, une forme de compétence, une compétence de compensation, intrinsèque. La liste est longue ; cela fera peut-être l’objet d’un autre article.

La notion d’inclusion du handicap, vous l’aurez compris, n’est pas ma vision. En effet, elle recouvre une notion de devoir pour l’un et de droit pour l’autre. Je préfère le terme « intégration inclusive » ; à mon sens, dans la relation des Hommes, chacun doit faire un pas vers l’autre pour que chacun puisse marcher avec l’autre. Il vaut mieux l’accompagnement d’un ami handicapé que la soumission d’une société vaincue. Il vaut mieux une société handi-accueillante que la soumission d’un handicapé vaincu. C’est bien ensemble que le présent et l’avenir se construisent. Si l’on doit prendre en compte les plus faibles, les plus fragiles, il est important de leur laisser le droit d’être, il est important que la société saisisse cette formidable chance qu’est la diversité.

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